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Vient de paraître Propos discordants chronique des années 2002 à 2007
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Caussade, le 12 avril 2008.
PARLEMENTARISME
ET DEFENSE NATIONALE Un
pays comme la France ne peut se passer de l’art militaire ; son
passé, sa présence sur la scène mondiale, les dangers de notre époque
(le terrorisme) le rendent
obligatoire. C’est ainsi, c’est la loi de l’histoire. Dès
lors, pour les gouvernements, la défense du pays dans des domaines
divers et nouveaux, est un impératif absolu. Mais
les décisions, en matière de politique militaire, sont rarement, pour
ainsi dire jamais, compatibles avec l’activité parlementaire. La
gauche, ces jours derniers, a fait beaucoup de bruit au sujet de la décision
du Président de la République de renforcer notre présence militaire
en Afghanistan.. Contribuer à détruire les nids du terrorisme
mondial qui menace la France autant que l’Amérique parait cependant
une tâche indiscutable d’intérêt national. C’est aussi une
mission que l’ONU a confiée à ses ressortissants, dont nous sommes. Il
eût fallu, nous dit-on, l’aval
du Parlement. C’est beaucoup d’hypocrisie. Car il s’agit, qu’on
le veuille ou non, d’un domaine réservé, dans la V° République. La
jurisprudence l’emporte sur la Loi fondamentale, au demeurant très
ambiguë dans ce domaine où le Président est le chef des armées, même
si c’est le Premier Ministre qui détermine
l’action du gouvernement. Ironie
de l’Histoire, comme l’a rappelé François Fillon : la décision
du Général de Gaulle de nous retirer de l’Otan avait provoqué, en
son temps, une protestation des socialistes, mais aujourd’hui, ils
protestent de notre réintégration. Au
temps de Giscard, l’opération de Kolwezi, fort bien menée en une
nuit pour opérer le sauvetage d’extrême urgence de deux mille européens,
menacés de massacre au Congo belge, a été critiquée pour ne pas
avoir demandé l’aval du Parlement. Quand
Mitterrand, à son tour, a envoyé des troupes au Liban ou en Bosnie, il
n’a pas demandé l’accord du Parlement. Quand il a pris la décision,
heureuse, de participer à la défense de l’Europe grâce à
l’installation de fusées américaines en Allemagne de l’Ouest, il
n’a pas jugé bon d’en faire discuter au Parlement. Le
Parlement, et principalement l’Assemblée Nationale, est un lieu de
discussions, de clarification, mais aussi d’intrigues de jeux
d’influence ; il n’est pas un lieu de décision. Faisant la
Loi, il préserve nos libertés. Il dispose du pouvoir, considérable,
de renverser le gouvernement. Mais le pouvoir de décision appartient au
chef de l’Etat et à son gouvernement.
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Copyright Jean Bonhomme - Aug. 22th, 2006.