Les Chroniques 2008

 

 

Caussade, le 25 juin 2008.

 

UNE GROSSE BETISE FISCALE   

 

         Des bêtises, tout le monde en fait, les gouvernements comme les autres. En matière fiscale comme dans d’autres domaines. L’impôt sur la fortune  est devenu l’archétype des errements fiscaux. Car il est condamné par l’évolution, par la  mondialisation, par la simple raison.

         Député en 1976, j’avais déposé et défendu un amendement instituant l’impôt sur les grosses fortunes. Il devait se substituer à l’impôt sur les plus-values, qui était compliqué, exigeait une lourde instrumentation, et rapportait peu. Je proposais qu’il s’appliquât, avec un faible pourcentage, sur tous les biens, mobiliers, immobiliers, patrimoniaux, professionnels, culturels. L’impôt pour tous, du moins pour tous les privilégiés, donc aussi égalitaire que possible. Suivi par treize députés de droite et par toute la gauche, l’amendement ne recueillit pas suffisamment de voix pour être adopté.

         Je pensais avoir raison, et peut-être avais-je raison….à l’époque. Il a fallu attendre 1982 pour que François Mitterrand et la gauche  fassent voter ce nouvel impôt..

         Oui, mais…dénaturé. Exonéré des œuvres d’art, souvent possédées par des richissimes, biens hautement improductifs pour l’économie. Exonéré des biens professionnels, à condition d’en posséder vingt-cinq pour cent, ce qui permettait d’éviter cet impôt aux grands patrons d’entreprise.

         Cette inégalité n’est pas le plus grave. Car, depuis 1982, tout a changé. Liberté totale de circulation des capitaux, commerce mondialisé, échanges intercontinentaux ont changé la donne fiscale.

         Cet impôt est devenu parfaitement imbécile : il protège les milliardaires, exonérés de leurs oeuvres d'art ou (et) de leurs biens professionnels. et touche quelques millionnaires, malhabiles, qui paient pour tous les autres , footballeurs, sportifs de haut niveau, artistes, écrivains de renom,, PDG…, assez dégourdis pour se mettre à l'abri de nos sottises fiscales.  et faire servir leur argent à financer le fisc de Belgique, Luxembourg, Suisse, Lichtenstein ou îles Caïmans, les bien nommées...

         On sait à peu près aujourd’hui les sommes énormes qui se sont investies, ont alimenté l’épargne et la consommation dans un certain nombre de pays, dont un bon nombre de pays européens, dirigés par des socialistes, un peu plus malins que les nôtres.

La droite, comme toujours intimidée par l’idéologie dominante, même si elle est contraire aux intérêts nationaux, n’ose pas supprimer cette cause majeure d’hémorragie financière.

Dans leur intérêt, les Français  doivent souhaiter qu’en politique, la raison l’emporte sur l’idéologie.  

 

 

 

Caussade, le 17 juin 2008.

 

ET SI ON CAUSAIT …

 

Dans le «Réveil » que me fait parvenir mon ami Pierre Blanc, dont je suis un fidèle lecteur, j’ai lu avec intérêt la proposition de ce journal d’ouvrir largement ses colonnes.

L’hebdomadaire, depuis sa fondation, est « de gauche », ce qui n’est rien qu’honorable. Mais il pense que la confrontation des idées sans a priori et sans préjugé ne peut que favoriser la compréhension et la connaissance de l’autre.

J’en suis, depuis longtemps convaincu ; mais le climat politique dans notre pays a rendu cette pratique difficile. Il se trouve que l’opinion, enfin lasse des débats contradictoires absolus, arguments chocs à l’appui, est mure pour des affrontements de raison.. Votre journal la rejoint.

Je me dis volontiers homme de droite, et je veux bien qu’on le reconnaisse à condition que ma qualité droitière ne soit pas caricaturée. Elu député en juin 68, une de mes premières déclarations au sein de mon groupe parlementaire, qui ne me connaissait pas, a été de faire savoir que j’étais un gaulliste de droite, ce qui a suscité l’hilarité, car il était alors de bon ton de se dire gaulliste de gauche. Le Président du groupe (Roger Frey à l’époque) s’est même exclamé : « enfin un ».

Je pense néanmoins qu’il est possible de trouver avec des hommes de gauche de nombreux points de concordance. Delanoë vient de déclarer, comme l’ont fait en 1949 les socialistes allemands, que le libéralisme économique était le seul moyen de créer des richesses, qui ne peuvent être réparties que si elles sont produites sous l’effet de la compétition et de la concurrence.

         Que la fiscalité soit le moyen privilégié de redistribution des richesses produites, à condition qu’elle ne soit pas paralysante, comme l’a rappelé Fabius en 2001, on ne peut qu’être d’accord.

Que l’autorité de l’Etat s‘impose sur les intérêts  catégoriels et les lobbys de toute sorte reste une évidence pour tous.

          Que la laïcité garantisse toutes les croyances est un principe universellement reconnu,  mais aussi que la religion musulmane, devenue la deuxième en France, accepte de se conformer aux lois républicaines et à leur pratique.

         Il peut, certes, exister des sujets de séparation : la décentralisation instaurée en 1982 peut en être une. Pour ma part, je pense qu’en accumulant les niveaux d’administration sans en supprimer aucun, un énorme gaspillage s’est produit en raison  du doublement de multiples fonctions départementales et régionales, de la création excessive de palais administratifs, de dépenses déraisonnables de représentation et de communication etc..

         Le Tarn-et-Garonne, entre autres, en fournit un exemple.

         On peut en reparler.

 

 

Caussade, le 27 mai 2008.

DEPRAVATION DU DROIT DE GREVE

 

         Dans notre société revendicatrice à tout crin, les mots en arrivent à perdre toute signification.

         Le droit de grève, bien sûr, ne saurait être remis en cause. Mais non l’occupation du domaine public, non l’empêchement de travailler pour ceux qui le désirent. Ou alors le mot liberté a perdu tout son sens.

         Ces jours-ci, comme à l’accoutumée, l’opinion publique a pu vérifier la dérive et l’utilisation excessive du droit de grève.

         Les enseignants font grève ; très bien. Ils ne seront donc pas payés  de leur inaction. En principe, mais est-ce bien sûr ?

         L’essentiel n’est pas là. Les municipalités, dont un des rôles essentiels est celui de la protection et du gardiennage des enfants de la maternelle et du primaire, organisent (et devraient être tenus de le faire) un service d’accueil C’est un devoir élémentaire pour éviter les plus grandes difficultés aux mères de famille, surtout celles qui travaillent ; c’est le devoir des nos élus.

         Que croyez vous qu’il arrive ? Des syndicats et même des parents d’élèves, sans doute orientés dans le bon sens, se sont élevés contre cette mesure éminemment d’intérêt social. « Atteinte au droit de grève » a-t-on appris ; en quoi est-ce une agression ? Qui peut répondre à cette question saugrenue ?.

         On voit par là à quel point la conscience idéologique suscite une inconscience qui en arrive à méconnaître à ce point les réalités, les règles et les devoirs envers la société

 

 

 

Caussade, le 14 mai 2008.

LA FORCE DES CHIMERES 

 

         La commémoration baroque de mai 68 ne manque pas de susciter des interrogations. Comment un peuple intelligent, spirituel, cartésien peut-il célébrer ces journées grégaires, retentissant de slogans infantiles, sous l’invocation d’un petit livre rouge plein d’imbécillités, journées qu’un des leurs, philosophe de son état, Kojève, a qualifié de «ruissellement de conneries ».

         Que des étudiants en mal de chahut se soient livrés à ces extravagances est dans l’ordre des choses. Mais que nos élites intellectuelles et universitaires aient aussi sottement emboîté ces mouvements laisse songeur. C’est l’humoriste Desproges qui a  évoqué «  ces professeurs minables, montant sur des estrades, au risque de leur prostate, pour singer les pitreries maoïstes de leurs élèves, dont la plupart sont devenus chefs de choucroute à Carrefour ».

         Qu’est-il résulté de ce fatras de revendications aussi hétéroclites que contradictoires ? La possibilité de s’inscrire sans sélection dans nos universités pour finir, après plusieurs années d’études incertaines, sans métier, ni fonction utilitaire. Une liberté de mœurs qui, sans entraves, a dégénéré dans le vagabondage sexuel, la promotion de l’homosexualité, avec à la clef, le Sida. Une baisse du niveau de la croissance et de l’emploi, car il  bien fallu mettre au compte des profits et pertes le  coût économique de ces folles journées.

         Mais le français, qui « met tant d’ordre dans son esprit et si peu dans ses actes » comme l’écrivait Charles De Gaulle en 1934, continue à croire aux bienfaits de la révolution. Ce qui explique l’engouement actuel de nombreux citoyens pour ce gavroche moderne qu’est Besancenot.

         L’Histoire, notre Histoire, est pourtant riche d’enseignement sur les vertus des révolutions, qui se traduisent immanquablement par de lourdes régressions.

         La Commune de Parus, cette stupide révolution, qui s’opéra sous l’oeil narquois des Prussiens, fut une aventure sanglante

         Les journées de février 1848 qui ont inauguré la 2° République ont été suivies, quelques mois après, par la faillite des ateliers nationaux, une  terrible répression ouvrière, et, finalement, le coup d’Etat napoléonien..

         Quant à notre grande Révolution de 89, on commence à faire le bilan des horreurs où « tant d’abjection était mêlée à tant de férocité », ainsi que l’avouait Talleyrand, L’accumulation des supplices, des famines  du brigandage, du génocide vendéen qui ont suivi reste accablante. Après quoi, quinze années de dictature napoléonienne ont laissé un pays exsangue, ruiné, occupé par l’étranger.

         Toutes ces folies furent cher payé. Ne conviendrait-il pas de s’en souvenir ?

 

 

 

 

Caussade, le 12 avril 2008.

 

PARLEMENTARISME ET DEFENSE NATIONALE 

 

Un pays comme la France ne peut se passer de l’art militaire ; son passé, sa présence sur la scène mondiale, les dangers de notre époque (le terrorisme) le  rendent obligatoire. C’est ainsi, c’est la loi de l’histoire.

Dès lors, pour les gouvernements, la défense du pays dans des domaines divers et nouveaux, est un impératif absolu.

Mais les décisions, en matière de politique militaire, sont rarement, pour ainsi dire jamais, compatibles avec l’activité parlementaire.

La gauche, ces jours derniers, a fait beaucoup de bruit au sujet de la décision du Président de la République de renforcer notre présence militaire en Afghanistan.. Contribuer à détruire les nids du terrorisme mondial qui menace la France autant que l’Amérique parait cependant une tâche indiscutable d’intérêt national. C’est aussi une mission que l’ONU a confiée à ses ressortissants, dont nous sommes.

Il eût fallu, nous dit-on,  l’aval du Parlement. C’est beaucoup d’hypocrisie. Car il s’agit, qu’on le veuille ou non, d’un domaine réservé, dans la V° République. La jurisprudence l’emporte sur la Loi fondamentale, au demeurant très ambiguë dans ce domaine où le Président est le chef des armées, même si c’est le Premier Ministre qui  détermine  l’action du gouvernement.

Ironie de l’Histoire, comme l’a rappelé François Fillon : la décision du Général de Gaulle de nous retirer de l’Otan avait provoqué, en son temps, une protestation des socialistes, mais aujourd’hui, ils protestent de notre réintégration.

Au temps de Giscard, l’opération de Kolwezi, fort bien menée en une nuit pour opérer le sauvetage d’extrême urgence de deux mille européens, menacés de massacre au Congo belge, a été critiquée pour ne pas avoir demandé l’aval du Parlement.

Quand Mitterrand, à son tour, a envoyé des troupes au Liban ou en Bosnie, il n’a pas demandé l’accord du Parlement. Quand il a pris la décision, heureuse, de participer à la défense de l’Europe grâce à l’installation de fusées américaines en Allemagne de l’Ouest, il n’a pas jugé bon d’en faire discuter au Parlement.

Le Parlement, et principalement l’Assemblée Nationale, est un lieu de discussions, de clarification, mais aussi d’intrigues de jeux d’influence ; il n’est pas un lieu de décision. Faisant la Loi, il préserve nos libertés. Il dispose du pouvoir, considérable, de renverser le gouvernement. Mais le pouvoir de décision appartient au chef de l’Etat et à son gouvernement.  

 

 

Caussade, le 1er avril 2008.

 

L’ETAT IRRESPONSABLE

 

         Lors de la dernière émission de Serge Moati, « Ripostes », un professeur de Sciences Pô, quelque peu infatué, déclarait avec véhémence que l’Etat et l’Etat seul était le garant du bien-être d’une société.

         Vaste blague ! l’Etat est le garant de la solidité et de la sécurité de la société, dès lors qu’il remplit ses fonctions régaliennes, la justice , la police, la défense, la protection des malades, des faibles, des exclus. Mais son rôle doit s’arrêter à l’essentiel. Car s’il veut tout faire et confier aux bureaucrates le soin de faire le bonheur des hommes, c’est la catastrophe. A l’Etat omniscient, on peut opposer l’Etat irresponsable.

         Car l’Etat, en s’occupant de tout et en voulant*y bien faire, peut produire des calamités. Dans les dernières décennies, on a pu constater à quel point des mesures destinées à améliorer le sort des citoyens avaient pu produire des effets pervers.

         En 1981, alors que s’annonçait l’accroissement de la durée de la vie, la retraite a été abaissée à 60 ans. D’où l’hémorragie financière des caisses, la baisse de l’activité économique. l’accroissement paradoxal du chômage

         Dans les années qui ont suivi, afin de garantir notre fameux modèle social, le pays s’est enfoncé dans l’endettement massif, qui compromet durablement les capacités de ressources de la nation et qui va peser d’un poids terrible sur la génération qui vient. Une faute gravissime dont doit être rendu un Etat irresponsable.

         Aussi faut-il considérer comme dangereux les doctrinaires qui préconisent la prééminence dans tous les domaines de l’Etat. D’autant plus dangereux que soixante dix années désastreuses de ce genre de régime ont produit les catastrophes que l’on sait, non seulement dans l’ancienne URSS, mais dans tous les pays satellites et les Etats africains et asiatiques qui se sont lancés dans ces expériences. Ils étaient capables de construire de barrages, au risque de saccager la nature, mais ne savaient pas fabriquer des casseroles. Sans évoquer la police politique et autres calamités/

         Malgré quoi, nos théoriciens ne rêvent que de faire gérer les boulangeries  et les entreprises de plomberies par des fonctionnaires. L’idéologie, si folle fut-elle, reste tenace.

 

 

Caussade, le 31 mars 2008.

 

LES FRUITS DE LA DECENTRALISATION.

 

Parmi les nombreuses charges indues qui parasitent et paralysent le pays figurent les proliférantes structures dépensières qui sont le produit de la décentralisation.

On perle beaucoup, et à juste titre, des gaspillages de l’Etat Providence, on évoque plus rarement ceux de nos collectivités locales.

Tout le monde déplore, en larmoyant, les abus et excès bien connus, mais personne, dans les rangs de nos dirigeants, ne propose d’y mettre un terme.

On sait aujourd’hui l’abondance des palais régionaux, des hôtels départementaux, de leurs bureaux, qui n’en finissent pas de proliférer, de leurs fonctions multiples, de l’accroissement constant de conseillers, de chargés  de mission, et de tout cet ensemble de nouveaux bureaucrates,(800.000) qui ne se sont pas substitués aux anciens, mais qui ont accru leur nombre

Nous avons appris ces jours derniers que la Présidente de la Région Poitou-Charentes s’apprêtait à se rendre en Inde, (pourquoi pas ?) mais elle va, tenons nous bien, conclure « un accord de coopération décentralisé » (qu’est-ce que çà veut dire ?) avec l’Etat de Tamil Nadu. Que va pouvoir faire notre Poitou-Charentes avec cette province de l’Inde que tout le monde ignore ? Bien sûr, on imagine les rencontres diplomatiques, les colloques graves, les réceptions officielles qui nécessiteront la présence de quelques  conseillers régionaux affectés à cette mission. Va-t-on installer une usine de charentaises ou une fromagerie de chabichous au sein de cette population que le Quai d’Orsay doit à peine connaître ?

Ne nous moquons pas de Poitou-Charentes, car c’est partout en France que nos régions nouent des relations qui se veulent commerciales ou humanitaires, en doublant la diplomatie d’Etat. Il se crée ainsi des microcosmes régionaux qui impliquent la constitution de structures supplémentaires au sein de nos parlements provinciaux.

Et voilà pourquoi la fiscalité locale, avec ses colonnes fiscales multiples, contribue à appauvrir un peu plus les Français ;

Dans cette compétition dans la création de structures dépensières improductives, nos conseils régionaux ne sont pas en reste ; il suffit de voir, dans nos conseils généraux, le parc de voitures qui, en vingt années, a quasiment décuplé, permettant à des chauffeurs désoeuvrés de porter ici un pli, là un dossier. La France bureaucrate !

Ici un pli, là une enveloppe. Toujours plus !

 

 

Caussade, le 15 mars 2008.

 

QUELQUES ETRANGETES DE NOTRE TEMPS

 

         L’actualité  est riche d’étrangetés et en fournit une riche matière.

         A Pau, c’est Clochemerle, à l’occasion de la mort d’un ours par un chasseur trop peureux ou peut-être vraiment menacé. Deux années d’instruction, une accumulation de témoignages, la mobilisation d’avocats et de magistrats en nombre, la justice accaparée par la disparition  d’une grosse bête.

         Elle avait été importée à grands frais de Slovénie semble-t-il. Etait-il vraiment nécessaire de transférer à grands frais ces hôtes des forêts slaves vers nos Pyrénées où ils disparaissent régulièrement pour des tas de raisons. Ne peut-on mieux faire pour les des Pyrénées qui méritent d’être protégées dans beaucoup d’autres domaines ?

Mais le chef de l’Etat, Jacques Chirac en la circonstance, avait  déclaré « c’est une grosse perte pour la France et pour l’Europe ». Vraiment ? Bref une émotion officielle, comme on  en voit surgir ici et là sur tous les sujets, s’est emparée de l’opinion. Et voilà un malheureux chasseur  traité de criminel. sur le banc d’infamie.

A une époque où la famine extermine des masses d’enfants, où la sauvagerie fait rage, où les désordres de toute sorte disloquent les sociétés, on ne voit guère de bon sens dans cette exploitation d’un fait divers cynégétique.

Autre curiosité du moment incompréhensible pour des esprits logiques : le boycott du Salon du Livre dédié chaque année à une littérature étrangère. C’est à ce jour l’année israélienne. Voilà aussitôt les auteurs arabes  en révolte, alors que les œuvres présentées sont consacrées pour la plupart à des évocations sentimentales, affectives, voire historiques qui ne sont que le fruit du talent et du labeur.

Il est vrai que nous n’avons pas trop de raisons en France, de nous indigner de ce sectarisme. Quand l’invitée du Salon du Livre était l’Italie, Madame Tasca, alors Ministre de la culture du gouvernement Jospin, refusa de recevoir le Président du conseil  de l’Etat invité, parce qu’il s’appelait Berlusconi. Là encore un bel acte d’intolérance…et de goujaterie. Nous ne sommes pas exemplaires.  

 

 

 

Caussade, le 5 mars 2008.

 

  L’IGNORANCE CULTURELLE.

 

La gent culturelle parisienne manifestait bruyamment, ces jours derniers, devant le Ministère de la Culture. Les subventions aux théâtres avaient diminué de 4 ou 6%. Un scandale que quelques centaines d’artistes dénonçaient avec fureur.

Aucun d’entre eux ne se demandait s’il n’était pas possible de faire mieux avec le même argent. S’il n’y avait pas lieu d’économiser quelques sous sur des œuvres dont beaucoup sont si hermétiques et si incompréhensibles qu’elles ne peuvent être appréciées que par quelques cénacles ou chapelles d’initiés. Se posent-ils la question, simple, élémentaire, des priorités des dépenses publiques dans une société organisée ?

Ce qui était exigé, c’était de l’argent. Davantage d’argent. Savent-ils que notre justice manque cruellement de moyens, que l’administration pénitentiaire connaît des conditions de détention inhumaines, que nos Universités sont d’un niveau inférieur à celui des pays concurrents. Que  des centaines de milliers de logements s’avèrent nécessaires pour abriter tout le monde. Que la santé du peuple découle de moyens hospitaliers  plus coûteux. Que nos ports, nos aéroports, nos structures ferroviaires doivent être mis à niveau pour participer à armes égales à la compétition européenne et universelle. Que la recherche scientifique nécessite de plus en plus de ressources. Que les retraites et minima sociaux ne sont pas à la hauteur de l’indispensable pour vivre. Bref, que des besoins prioritaires sont en souffrance et que la vie artistique n’en constitue pas l’essentiel.

Savent-ils enfin que les moyens financiers dont dispose la collectivité nationale n’existent que dans leur imaginaire ? La France dépense chaque année quarante milliards d’euros qui ne sont compensés par aucune recette, si ce n’est des emprunts massifs dont le remboursement est de plus en plus difficile. Par son déficit commercial, elle dépense vingt milliards d’euros de biens et services  qu’elle ne produit pas. Quel ménage, quelle entreprise pourrait continuer à ce train là, sans entreprendre un réaménagement profond de son système, sinon aller à la banqueroute. Ce qui signifierait alors plus du tout de financement, de subventions, plus aucun moyen de vie civilisée pour les classes sociales vulnérables, c'est-à-dire  la majorité de la population. C ’est dans ce vaste réaménagement que réside la survie du pays et par voie de conséquence, de sa classe culturelle.

Est-il trop difficile pour des cerveaux pourtant agiles, de comprendre ces vérités si simples, qui sont à la portée de  quantités de citoyens moins évolués ?  

 

 

Caussade, le 27 février 2008.

 

INCARTADES PRESIDENTIELLES.

 

Je trouve malvenues, comme beaucoup de Français, certaines initiatives du Président de la République. En particulier cette proposition d’associer la mémoire d’un enfant victime de la Shoah à un jeune écolier. Faux pas, dérapage…, mais qui en est exempt ? Nicolas Sarkozy n’est qu’un homme qui peut se tromper, surtout dans l’action échevelée qu’il mène depuis son élection. Il se calmera, par la force des choses.

De là à le vitupérer avec cette frénésie qui a le visage du sectarisme, il y a un fossé que le débat démocratique ne devrait pas permettre de franchir.

La grossièreté en découle ; un minable pauvre type,  au Salon de l’agriculture, a apostrophé le président  « ne me touche pas, tu vas me salir ». La riposte est venue tout naturellement « Casse-toi, pauvre con » Faut-il vous dire qu’elle m’a enchanté, n’en déplaise aux consciences prudes.

Il nous a fallu entendre les vertueuses indignations de nos bons socialistes, tel l’ancien agitateur comme Julien Dray, qui se complait tant dans les palais nationaux, après avoir mené, autrefois,  des cortèges de casseurs. Et d’autres qui pourtant, se sont fait une spécialité dans l’arrogance et  l’insolence.

Oui, tout ce qui est excessif est insignifiant, au même titre que les pétitions des journaux de la gauche branchée, soucieux de nous alerter sur les menaces qui pèsent sur la République et  la laïcité.

Les  incartades du Président ne l’empêchent pas de mener les réformes qu’il avait promis d’opérer  et ne doivent surtout pas l’empêcher de réaliser en 2008 celles, nombreuses et indispensables, qui restent à accomplir. Il n’est pas possible de laisser filer nos dépenses publiques, et donc nos énormes déficits, alors que la France va présider dans quelques mois une Union Européenne envers laquelle elle s’est engagée par contrat à respecter son équilibre financier.

Voilà qui est infiniment plus important que les curiosités journalistiques qui, il faut bien le comprendre, constituent une source de tirages exceptionnels et donc juteux. Ne confondons pas les intérêts de la presse avec ceux de la République.

 Alors, les seules incartades que nous ne pardonnerions pas à notre Président, seraient celles de se figer dans une immobilité qui laisserait le pays dans le mauvais état où il se trouve.  

 

 

 

Caussade, le 19 février 2008.

 

LA HAINE, PERLE DE CULTURE.

   

         La haine se porte bien ; il est vrai qu’elle se cultive. Si bien qu’elle prend aujourd’hui sa forme la plus aboutie, dans la démolition de l’image du Président de la République.

Elle s’est toujours exprimée dans la vie publique. A l’époque la plus récente, Charles De Gaulle a été, le premier président de la V° République à l’inaugurer, si l’on peut dire. On se souvient de la virulence des critiques,  des insolences et des sarcasmes qui, très souvent, exprimaient une haine solide.

         Mais elle atteint aujourd’hui  son paroxysme avec le sixième Président, Nicolas Sarkozy. Déjà, au cours de la campagne présidentielle, le candidat s’interrogeait : « pourquoi tant de haine ? ».

         On le sait aujourd’hui plus clairement. Car le déferlement de méchanceté et d’outrages qui accompagne chacun de ses actes, chacune de ses paroles est tellement systématique, tellement dépourvu de caractère objectif qu’on peut, à bon droit, se demander s’il ne repose pas sur un sentiment très bas, fait de jalousie de rancoeur, sorte de haine cultivée comme une perle rare.

         Il existe, certes, depuis toujours, des journaux  satiriques sui sont dans la tradition française. C’est le fond de commerce de Charlie Hebdo, des Inrockuptibles, du Canard Enchaîné et d’autres qui s’adonnent  à l’insolence avec plus ou moins de bonheur.. On peut les lire avec une certaine distance sans tomber dans cette sorte de vénération qui fait, selon l’expression de François Mauriac, « ces lecteurs enchaînés à leur Canard et condamnés, les malheureux, au ricanement éternel ».

         Depuis la fin de la guerre, le journalisme politique a le cœur à gauche. Il a investi le service public dont il est convenu de dire qu’il est aux ordres du gouvernement, ce qui permet, de le critiquer  sans vergogne au nom de cette liberté qu’on prétend menacée. Mais là aussi, c’est une tradition française, au point que celui qui a fait les beaux jours de la méchanceté politique, Michel Polac, dans les années 80, a pu, des mois et des mois, déverser sa perfidie sirupeuse non plus contre le gouvernement en place de M. Mitterrand, mais contre son opposition.

         Aujourd’hui, nous assistons à un phénomène paroxystique. Un pitre comme Bedos peut, sous n’importe quel prétexte,  partout où il est invité et invité si souvent, exhaler son fiel grinçant anti-sarkozien, tout en jouant l’homme de la pensée profonde et en dénonçant les misères des pauvres gens dont le protègent bienheureusement ses cachets fabuleux d’artiste choyé. Qu’il y ait de la haine dans ses traits burinés transparaît nettement.

         Un autre dans le genre frénétique est  le directeur de Marianne, Jean-François Kahn, qui s’est spécialisé dans la dénonciation véhémente d’un flambeur, vaniteux, quasiment fou qui nous tiendrait lieu de Président. Là aussi l’outrance et l’outrage sont tellement visibles et insolites qu’ils ne font que cacher une haine secrète et profonde. Monsieur Khan vient d’ailleurs de déclarer la République en danger. C’est dire !

         On en arrive à des agressions personnelles odieuses. C’est ainsi que le « Nouvel Obs » a diffusé un message du courrier personnel du Président de la République, dans l’intention évidente de lui porter tort. Atteint dans sa vie personnelle, Nicolas Sarkozy a porté plainte pour « faux et usage de faux » comme le ferait n’importe quel citoyen placé dans une telle situation. Le Nouvel Obs, reconnaissant qu’il a été trop loin, s’est excusé, mais dans le même temps indigné qu’on puisse traduire en justice son journaliste capable de cette infamie. Ce sont des Tartuffes, vous dis-je ! 

 

 

Caussade, le 15 février 2008.

 

LITANIES DE NOTRE TEMPS

   

         Débat télévisé, », sur les banlieues, dans l’excellente émission « C...dans l’air ».  Les intervenants en sont des spécialistes, sociologues, économistes, assistants sociaux..

Pour les uns, il faut des logements, pour d’autres des emplois ; pour d’autres encore des moyens de transports. Ils  sont souvent en désaccord ; pour l’un, le logement ne sert à rien s’il n’y a pas des dessertes suffisantes ; pour l’autre l’emploi ne résoudra rien ; les zones d’éducation prioritaires exigées par l’un sont considérées par l’autre comme faisant fuir les élèves pour les établissements plus sûrs. Bref, des solutions contradictoires, mais pas de solution miracle.

Quelqu’un a bien dit qu’il ne fallait pas méconnaître un phénomène social, celui de la fuite des populations qui ne supportent pas la cohabitation avec d’autres catégories. Personne n’a osé dire que  la suite ininterrompue, depuis trente ans, de l’accumulation d’une population étrangère qui a sa religion, ses rites et ses lois provoquait une réaction de rejet, réaction collective instinctive, appelée racisme par nos moralistes modernes.

La seule unanimité se situait dans la demande de moyens financiers, toujours jugés largement insuffisants.

 Il faudrait….il faudrait…litanie ininterrompue qui scande à peu près tous les colloques et tous les débats. Toujours plus pour les banlieues, mais aussi les universités, la recherche, la culture, les jeunes, les vieux…La nomenclature est infinie.

          Ces litanies sont d’autant plus irréelles que  les caisses publiques sont vides d’argent, mais pleines de dettes et que l’Etat, pour éviter « la faillite » qui le menace sera obligé de faire des coupes sombres dans une grosse part de la dépense publique.

         C’est dire combien ces débats, si avises et sentencieux soient-ils, sont frappés d’incohérence.

         Ne pourrait-on rappeler aux français qui les écoutent que les lois économiques sont impitoyables, qu’on ne peut dépenser que ce qu’on reçoit et qu’en fin de compte gouverner c’est choisir entre de nombreux inconvénients ?  

 

 

 

 

Caussade, le 5 février 2008.

 

FOLIES IDEOLOGIQUES

 

Max Gallo, reçu par l’Académie française au fauteuil de Jean-François Revel, a rappelé, dès le début de son discours de réception, les fortes déclarations de son prédécesseur : « Qu’est- ce que l’idéologie ? c’est une construction à priori, élaborée en amont au mépris des faits et des droits, c’est le contraire à la fois de la science et de la philosophie, de la religion et de la morale…Le grand malheur du XX°siècles aura été celui où l’idéal de la liberté aura été mis au service de la tyrannie, l’idéal de l’égalité au service des privilèges, toutes les forces sociales comprises à l’origine sous le vocable de la gauche embrigadées au service de l’appauvrissement et de l’asservissement….Cette immense imposture a falsifié tout le siècle, en partie par la faute de quelques uns de ses plus grands intellectuels. »

Cette condamnation, que les faits ont  vérifiée avec une constance inébranlable, tombe comme un couperet sur les jugements de tant de philosophes, de tant d’universitaires qui ont poursuivi, les yeux fermés, leurs rêves idéologiques. Enfermés dans leurs préjugés, ils n’ont rien vu, ou rien voulu voir, du spectacle du monde,.

Il aura fallu deux siècles pour qu’enfin, la Révolution française, si longtemps magnifiée, soit révélée dans ce qu’elle a eu de pire, l’organisation planifiée de la terreur, qui fut la matrice des crimes de masse du XX°siècle. « J’ai du souvent détourner mon regard de scènes où tant d’abjection était mêlée à tant de férocité ». a déclaré Talleyrand, qui n’était pourtant guère délicat dans ses moyens et ses actes.

Peu d’historiens ont fait valoir la sottise idéologique de la Commune de Paris en 1871, où, sous les yeux des prussiens qui avaient investi la capitale, une bande de forcenés prétendaient asseoir un nouveau régime de dictature et de sang, avant d’incendier les principaux monuments parisiens.

L’apogée de l’aveuglement idéologique fut bien le XX°siècle.  Une fois définitivement éradiquée la monstruosité nazie, la classe pensante et dominante, n’en finît pas de traquer les signes d’une renaissance, bien peu crédible, de cette idéologie, sans voir aucunement qu’une nouvelle idéologie, prétendument socialiste, sévissait un peu partout dans le monde,  martyrisant les peuples qui lui étaient soumis.

C’est enfin au Cambodge, pays de douceur et d’harmonie, que fût atteinte la hauteur suprême des horreurs d’une idéologie devenue absolument folle.

Le journal « Le Monde », qui est le bréviaire de la bonne pensée, avait salué, en son temps, l’arrivée des « libérateurs » de ce malheureux pays, avant de convenir, il est vrai assez rapidement, qu’il s’agissait d’une entreprise d’anéantissement d’un peuple.

A l’instar de Jean-François Revel, la méfiance des idéologies doit rester intacte.  

 

 

 

 

Caussade, le 30 janvier 2008.

 

IMMIGRATION : UNE REFLEXION

 

Parmi les nombreuses propositions de la Commission Attali , chargée d’étudier les blocages de la société française, l’immigration nous est présentée comme souhaitable et inévitable.

         On a du mal à accepter ce qui nous est donné comme une évidence.

         Nous avons deux millions de chômeurs indemnisés et un million de citoyens qui vivent de l’assistance du RMI.

         Parmi cette population où figurent de nombreux jeunes, on ne voit pas pourquoi ne serait pas assurée une incitation au travail par une formation à exercer un des nombreux métiers où manque la main d’œuvre. Installée dans nos banlieues où résident leur famille et leurs proches, le coût de son insertion serait infiniment moins élevé que d’organiser l’arrivée de nouveaux venus en France, en même temps que serait réduit le chômage qui mine notre économie.

         Enfin, nous paraissons oublier que la population européenne peut se déplacer et s’installer dans notre pays sans contrôle ou permis de séjour. Actuellement des Polonais trouvent aisément des contrats de travail dans le bâtiment, des portugais se rendent  régulièrement dans lé régions viticoles ou arboricoles. De la Slovénie à l’Espagne peut aisément se brasser une population travailleuse.

         Ces possibilités sont tellement évidentes qu’on ne voit pas pourquoi nous faciliterions le déracinement des personnes qui n’ont aucune envie (et on les comprend) d’adopter nos moeurs, nos coutumes et nos lois et dont la présence au travail chez eux est indispensable pour mettre en valeur leur pays, dont les besoins sont criants.

Il y a certes une contrepartie à cette politique : c’est l’obligation de faire accepter à nos ressortissants, après deux ou trois tentatives, la fonction qui leur est proposée par nos services du travail. C’est ce qui se fait en Grande-Bretagne.

On court, certes, le risque, d’entendre évoquer les rafles ou déportations, par ce genre d’amalgames et d’outrances dont usent tant de bonnes âmes.

Mais veut-on ou non que la France travaille autant que les autres pays ? Ou bien veut-on compliquer ce qui est simple ?  

 

 

 

 

Caussade, le 27 janvier 2008.

 

L’ARGENT DE TOUS

 

En première page des journaux s’étale la figure d’un  jeune homme qui a causé des dégâts considérables à une banque, la Société Générale.

Ce beau garçon de trente et un ans, courtier dans le service des investissements de la banque, (appelé trader dans le langage du jour), a fait, à l’insu de ses dirigeants, d’énormes spéculations dans le marché boursier. Ce faisant, il fait perdre cinq milliards à son établissement.

Il provoque l’indignation des financiers, des initiés, des analystes, mais non du peuple, qui considère, sans doute à tort, que ce préjudice ne le concerne pas.

Malin, très malin, ce garçon avait neutralisé tous les systèmes de contrôle bancaires ; de fait, si le marché, au lieu du renversement brutal de tendance qui s’est manifesté, avait fonctionné selon ses prévisions, peut-être aurait-il pu réintégrer les sommes énormes qu’il avait mises en jeu et camouflées, et devenir richissime,

 L’émotion, qui a saisi l’opinion est compréhensible  Mais enfin, il ne s’agit que d’un vol, d’un vol qui doit être jugé comme tel et sera sanctionné par la prison. Et qui ne cause de préjudice qu’aux propriétaires de la banque, c'est-à-dire aux actionnaires.

Quand le Crédit Lyonnais, banque nationalisée, rappelons le, gérée par de hauts fonctionnaires,  a perdu, dans la décennie 80-90, cinq fois plus que la Société Générale , ce furent alors les contribuables qui furent lésés ; malgré une énorme procédure engagée., il semble bien qu’il n’y aura pas de sanction. Car ici, il ne s’agit que de négligence ou d’incuries dans la gestion, autant de carences qui, elles, ne constituent pas des délits. et n’ont pas à être jugés. Contre ce genre de comportement, l’opinion officielle est des plus indulgente.

Le gaspillage de l’argent public au cours de ces dernières décennies a produit une énorme déperdition de nos richesses, dans l’irresponsabilité totale. A partir de la fameuse décentralisation présentée comme panacée, dont l’effet le plus remarquable a été la création de 650.000 fonctionnaires territoriaux supplémentaires, se sont crées des palais, (ces hôtels de région,  temples de l’inutile !) des bureaux, des fonctions aussi diverses qu’obscures, qui ont eu pour effet de nous infliger deux colonnes supplémentaires d’impôts locaux.

 Au lieu de s’inquiéter des extravagances d’un trader en folie, mieux vaudrait se préoccuper de l’hémorragie légale de nos ressources et de la préservation de l’argent de tous..  

 

 

 

 

Caussade, le 14 janvier 2008.

 

SALES RICHES

             

« Je n’aime pas les riches » a déclaré un jour à la Télé, M.Hollande, patron du parti socialiste français. Mais qu’est-ce que être riche ? C’est avoir plus d’argent que son voisin. On est toujours le riche de quelqu’un. A ce compte, M.Hollande ne doit pas être bien aimé, car beaucoup de citoyens qui ne possèdent, ni villa sur la Côte d’Azur,  ni patrimoine, ni opulentes indemnités parlementaires, ni retraite bien garantie… , doivent fort envier M.Hollande et l’aimer d’autant moins.

            On voit par là l’inconséquence de ceux qui n’en finissent pas de dénoncer les riches de notre société, tout en bénéficiant largement des privilèges de cette société.

            Ce sont ceux-là mêmes qui ont accrédité l’idée de la nuisance des riches. D’où l’expression assez fréquente de « sales riches ».Mais attention ! pas tous les riches. Si on est un footballeur, chanteur, écrivain, acteur, metteur en scène qui accède à des cachets fabuleux, c’est très bien ; et si, en plus, on se fait l’apôtre d’une cause généreuse ou humanitaire, c’est parfait.

            Mais si on réussit les mêmes prouesses en créant des entreprises, en opérant des spéculations financières enrichissantes, en prenant des risques de faillite, mais en créant par là même des emplois, payant des impôts,  taxes et cotisations sociales, alimentant le Trésor public qui possède ainsi les moyens de redistribuer, çà ce n’est pas bien du tout. On est très indulgent pour ces haut fonctionnaires choisis par le pouvoir politique pour présider aux destinées d’un établissement national, S’ils font perdre à leur entreprises nationale des milliards aux frais non pas de l’actionnaire, mais du contribuable,hé bien ! cela est conforme à la doctrine bien-pensante.

            Mitterand n’hésitait pas à affréter l’avion présidentiel pour amener de nombreux amis ou sa famille à Venise ou en Egypte, quand il en avait envie, ou bien un hélicoptère officiel pour aller rendre visite à son ami, le milliardaire Pelat. Mais pour le bon public, il vaut mieux faire appel au contribuable qu’à un ami riche, comme celui de Sarkozy.

            Souvenons-nous ; la soirée du Fouquet au soir de l’élection présidentielle. Il y avait parmi les invités de grands patrons ; mais aussi de grands sportifs, de grands artistes, de grands écrivains. Seule la présence de grands patrons était jugée scandaleuse 

            Il en est ainsi dans notre société de bien pensants forgée par l’idéologie socialiste.

            Ces jours derniers, un des lecteurs du Monde, qui, en général, ne sont pas portés vers la plaisanterie écrivait drôlement : »J’étais chef d’entreprise ; depuis que je suis devenu maquereau, les gens de mon quartier me saluent chaleureusement, même ma boulangère ».

            Une boutade  imagée  qui évoque les travers de notre société, répandus par les amis de M.Hollande.